ARENDEL
Performances sonores
DATE 25 août
LIENS Myspace Infine

Arandel n’est pas un groupe, Arandel n’est pas un personnage. Si l’album In D est un OVNI, son concepteur, plus qu’un sujet vivant non identifié, est surtout un musicien touche-à-tout qui tient derrière ce projet à rester en retrait. Comme lorsqu’il mixe dissimulé derrière un rideau dans la Carrière du Normandoux, en distillant un Dj set uniquement constitué de plages vocales, Arandel est une entité secrète où seule la musique tient le rôle de vedette.
Rester anonyme pour explorer le chant des possibles ; donner un multi-visage au profil de musiques expérimentales : Arandel est le nouveau terrain de jeu d’un artisan pop nourri au krautrock, à l’électro et à l’école new-yorkaise minimaliste. C’est la face cachée d’un artiste qui révèle avec In D son envie d’explorer d’autres pistes, en proposant un projet affranchi des formats pop et de l’écriture classique. Un concept inédit, pour un résultat inouï.
Tout part de l’idée de créer un dogme sonore qui serait à la musique ce que le Dogma 95 de Lars Von Trier est au cinéma. Arandel s’impose comme règle fondamentale de ne recourir qu’aux sons produits lors de ses propres enregistrements. Cette première contrainte pose la base du projet : il s’agit de rendre le processus de création intègre et authentique en n’utilisant que le son de «vrais» instruments. Proposer à sa façon une musique «bio», sans contrefaçon : une musique organique au sens littéral du terme anglo-saxon. Pas de MIDI, donc, pas plus que de samples ni de sons de synthèse. «Le MIDI abolit les contraintes, il donne l’illusion de la réalité. Son utilisation me paraît trop facile dans la création, et son côté fallacieux me dérange dans le résultat.» Arandel n’utilise que les instruments dont il dispose — un minimum d’effets pour permettre un maximum de jeu. C’est un projet à la fois sophistiqué dans ses instrumentations, et complètement lo-fi dans ses techniques de fabrication. «L’accumulation met fin à l’impression de hasard», disait Freud, et c’est une heureuse succession de coïncidences qui donne naissance à Arandel. Alors que son concepteur composait jusqu’ici avec le pendant «control freak» du songwriter perfectionniste, Arandel devient contre toute attente une proposition ouverte aux collaborations, aux variations, et aux accidents qui donnent le la de l’expérimentation. «Le rôle du hasard est primordial, souligne le démiurge d’In D. J’ai trouvé avec Arandel le projet où je peux laisser libre cours à l’imprévu pour prendre part au processus de création.»

Ainsi Arandel est-il devenu une Proposition ?
Une proposition de variations en Ré, clin d’oeil et d’oreille au séminal In C de Terry Riley. Une proposition qui impose des contraintes de par son dogme, mais qui ne pose pas de limites : dans les formes qu’il pourra prendre, Arandel est un open space, un terrain de jeu ouvert et mouvant, un laboratoire où l’alchimie sonore s’opère entre une vaste palette d’instruments. Boîtes à rythmes et claviers analogiques, stylophone, flûtes, cordes, cuivres, hapidrum… A l’instar d’In C et de sa fameuse partition conçue pour être jouée par n’importe quel nombre d’instruments, Arandel est un champ d’expérimentations où les règles sont volontairement cadrées, mais où la création n’est jamais figée. «Arandel pourrait prendre la forme d’un collectif, d’un projet à personnalités multiples. Je resterais le chef d’orchestre, explique son concepteur, mais j’aimerais par la suite qu’Arandel devienne sa propre chose.»

La boucle n’est pas bouclée, elle est prête à s’ouvrir encore et à se transformer… au gré du hasard et des découvertes qui viendront nourrir la Proposition.

Texte Stéphanie Lopez

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Le festival se déroule à la Salle Pétrarque de Montpellier